UN ORCHESTRE PHILHARMONIQUE POUR DES JEUNES DE QUARTIERS

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Chaque semaine à Metz, le Centre d’animation culturelle et social Georges Lacour (géré par l’association CACS Georges Lacour, affiliée à la Ligue de l’enseignement de Moselle), accueille une quinzaine de jeunes du quartier pour leur répétition de musique. Ils font partie de Démos, un dispositif d’éducation musicale et orchestrale à vocation sociale initié par la Philharmonie de Paris et déployé dans plusieurs régions.

C’est un mardi, à 17h, au premier étage du centre social Georges Lacour, qu’un mini orchestre classique se met en place. Disposés en arc de cercle, 15 enfants âgés de 7 à 14 ans se font face, pupitres bien ajustés devant eux. Des violons, des altos, des violoncelles à la main, ils attendent patiemment que leurs deux professeurs, des violonistes de l’Orchestre National de Lorraine, accordent leurs instruments. Pas un bruit. Tout le monde écoute…

Aïcha, qui travaille au centre Lacour, est la référente terrain du projet Démos pour le quartier du Grand Metz Nord : « Le principe de Démos est simple : dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville, les travailleurs sociaux proposent à des enfants, qui ne seraient jamais allés vers la musique classique pour des raisons sociales, économiques et culturelles, de se former, au sein d’un orchestre, à la pratique d’un instrument. »

Durant trois ans, les enfants s’engagent à venir au conservatoire ou dans la structure sociale de leur quartier, deux fois par semaine. Ils s’y retrouvent en ateliers de 15, encadrés par deux musiciens professionnels et un intervenant social. Les enfants se voient prêter leur instrument et ont la possibilité de le garder à la fin du projet. Coordonné nationalement par la Philharmonie de Paris, Démos est porté sur les territoires de Metz et de Moselle par l’Orchestre National de Lorraine.
« J’ai proposé ce projet à certains enfants qui avaient quelques soucis de concentration. D’autres sont venus d’eux-mêmes » explique Aïcha. Au final, des volontaires aux profils très différents : Clyditia, 10 ans, fait partie de ceux qu’Aïcha a sollicités. « J’ai réfléchi pendant trois jours avant d’accepter. Mes cousins étaient inscrits et s’amusaient bien. Je ne regrette pas. Quand je joue du violoncelle, je me sens plus calme, plus apaisée et j’oublie mes contrariétés. » Pour Meyson, 10 ans, rejoindre Démos était évident : « Je suis gitan ! Mon grand-père jouait du violon et mon papa fait de la guitare manouche. »

Meilleure concentration, valorisation de soi… les bénéfices de la musique sont nombreux. Meilha, 12 ans, confesse avoir toujours été timide mais depuis qu’elle a intégré le projet, elle ne se reconnaît plus : « J’ai plus confiance en moi. Avant je ne parlais pas aux gens car je n’avais rien à leur dire. Maintenant, tout le monde sait que je joue et on vient spontanément me parler. »
Autre point positif : Aïcha, leur animatrice, joue à leurs côtés. « Nos rapports sont plus détendus. Ils voient que je me plante et que je dois travailler comme eux ! » s’amuse-t-elle.

Du centre social… à la Philharmonie de Paris
En plus des deux ateliers hebdomadaires, Démos rassemble, une fois par mois, les 120 jeunes musiciens de Moselle pour jouer tous ensemble sous la direction d’un chef d’orchestre. D’autres concerts peuvent aussi être organisés, comme celui donné sur la scène nationale Le Carreau à Forbach, le 24 juin dernier. Pendant une heure, devant plus de 600 spectateurs, les musiciens en herbe ont déroulé leur répertoire : « Rondeau » d’Henry Purcell, « Encore et hop » un chant traditionnel marin et « Bella Ciao » le chant des partisans italiens.

Prochain rendez-vous pour ces musiciens en herbe, le 16 décembre 2018 à l’Arsenal pour le concert de restitution annuel, avant de finir en beauté à la Philharmonie de Paris à l’été 2019, devant 2 400 spectateurs !

Pour aller plus loin :
« Orchestre Demos : 120 jeunes musiciens des quartiers de Moselle montent sur scène »France bleue – 25/06/2018

« Forbach : l’orcherstre Demos en démonstration sur la scène nationale du Carreau »Le Républicain lorrain – 24/06/2018